Des moutons qui broutent près des tombes

Bagalad | Réserve Naturelle Nationale des vallées de la Grand-Pierre et de Vitain

J’ai découvert cet endroit en sortant du premier confinement, au printemps 2020. Avec une amie, on cherchait des lieux naturels à découvrir dans notre rayon autorisé de 100 km. En cherchant un peu, on est tombé sur cette réserve, à 10 km au nord de Blois.

On a  donc découvert ce lieu, qui est une réserve naturelle très riche, de par son intérêt écologique et archéologique. Écologique, car il y a des espèces de papillons (le Cuivré des marais) et libellules (l’Agrion de Mercure) qui sont endémiques à la réserve ; et archéologique, car on y a retrouvé la plus grande nécropole protohistorique du Centre Val de Loire. 80 tombes ont été mises au jour au niveau du perron rocheux, suite à des fouilles par un particulier au début du XXe, ainsi qu’en 1984, où un relevé archéologique plus approfondi a été réalisé. Je trouve cela assez fou qu’on arrive à retrouver ce type de vestiges – quand on regarde comme ça, on ne les voit pas beaucoup, mais ça fait partie du lieu.

Quant à la réserve, elle existe depuis 1979. Pour les gens du coin, c’est vraiment le lieu de promenade du dimanche : il y une atmosphère familiale, et puis beaucoup viennent pratiquer la course à pied aussi. C’est un lieu qu’on a envie de faire découvrir, mais en même temps, on a envie qu’il reste ce lieu cocon !

Autrefois, ce lieu était pâturé par des moutons. Après la Seconde Guerre mondiale, il était en friches ; on s’est rendu compte qu’il fallait faire revenir les moutons à certains endroits et moments pour empêcher la fermeture du milieu. Dire que pendant des siècles, les moutons ont brouté au niveau des tombes sans que personne n’en sache rien !

C’est un paysage assez unique ici, puisqu’on est face à des prairies calcaires, et qu’on est à la limite avec la Beauce, terres céréalières, et la Vallée de la Loire. Ce n’est pas le type de paysages auxquels on est habitué dans le coin ; cela me rappelle plus d’où je viens, le Limousin.

Je trouve qu’on ne parle pas assez du patrimoine naturel, et pourtant, il y a un réseau de protection assez dense en France. Les lieux les plus connus vont être mis en avant bien sûr, mais les autres passent plus inaperçus. C’est un sujet qui m’intéresse, car j’ai développé au cours de mes missions de médiation une appétence pour tout ce qui touche à la nature et à l’écologie, et j’envisage de passer le diplôme pour obtenir la carte de guide nature.

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La visite de la réserve est gratuite. Elle est ouverte en permanence.

En savoir plus

Quelques informations complémentaires sur le site de la CDNPE, gestionnaire de la réserve.

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